
Carnet de route N°002
Un rendez-vous de 30 minutes… qui durera 3 h 30
Premier voyage dans le Haut-Doubs, à la rencontre de M. Mercier
Sur la route
Trente minutes étaient prévues. Nous y passerons plus de trois heures et demie.
Le 27 décembre 2019, nous prenons la route en direction du Haut-Doubs pour récupérer un lot d'une vingtaine de tronçonneuses acheté par Emmanuel. Sur le papier, l'affaire devait être simple : 628 kilomètres aller-retour, une trentaine de minutes sur place pour charger les machines et reprendre la route. Mais cette journée allait finalement nous conduire bien au-delà d'un simple achat.
« Les fiches musée racontent l’histoire des machines. Les Carnets de route racontent l’histoire de leur sauvetage. »
Le point de départ
Comment cette journée a commencé
Tout avait commencé par un lot de tronçonneuses proposé par M. Mercier. Parmi les machines photographiées figurait notamment une DOLMAR CK4, mais une autre pièce allait nous attendre sur place sans que nous le sachions : une STIHL 070 particulière, absente des photographies de l'annonce. Le lot de machines avait été acheté par Emmanuel pour 500 €. Nous étions donc partis avec une idée assez simple : arriver chez M. Mercier, charger la vingtaine de tronçonneuses prévue et repartir. Nous pensions que l'opération nous prendrait tout au plus une trentaine de minutes. Rien ne laissait encore présager que nous passerions finalement plus de trois heures et demie sur place, ni que cette première rencontre serait le début de plusieurs voyages dans le Haut-Doubs.
La rencontre
Des machines et une histoire à transmettre
Lorsque nous arrivons chez M. Mercier, la récupération qui devait être rapide prend presque immédiatement une autre tournure. En discutant avec lui, Emmanuel lui explique qu'il collectionne les tronçonneuses. Cette simple confidence va complètement changer le programme de la journée. M. Mercier nous invite alors à découvrir son atelier. Un lieu chargé d'histoire, présent dans sa famille depuis quatre générations, où machines, outils, pièces, documentation et souvenirs témoignent encore de plusieurs décennies d'activité. Au fil de la conversation, il nous explique que sa maman vient de décéder et que la maison ainsi que l'atelier doivent être vendus. Avant cela, tout doit être vidé. Le débarras a déjà commencé avec l'aide d'une autre personne et, malheureusement, de nombreuses choses ont déjà été emmenées à la déchetterie. Pour Emmanuel, entendre cela est un véritable crève-cœur. Autour de nous se trouvent encore quantité d'objets liés à l'histoire de cet atelier et de la motoculture. Ce qui devait être un simple chargement de tronçonneuses devient alors une exploration beaucoup plus attentive : avant de repartir, nous voulons regarder ce qui peut encore être préservé. À cet instant, nous sommes loin d'imaginer que les trente minutes prévues vont se transformer en plus de trois heures et demie passées chez M. Mercier… et que nous lui promettrons, avant même de repartir, de revenir.
La découverte du jour
Bien plus que les machines de l'annonce

Une fois dans l'atelier, le simple chargement prévu au départ laisse rapidement place à la découverte. Emmanuel regarde les tronçonneuses, échange avec M. Mercier et observe les machines encore présentes. De mon côté, mon attention se porte aussi sur tout ce qui les entoure : documentation, objets publicitaires, accessoires, jouets… autant de choses qui racontent elles aussi l'histoire de cet atelier. C'est au cours de cette visite que M. Mercier nous réserve une première surprise. Il nous annonce : « Je vous ai mis une 070 découpe encore avec le lot. » Emmanuel et moi nous regardons alors sans vraiment comprendre ce qu'il veut dire. Une « 070 découpe » ? Sur le moment, nous imaginons plutôt une STIHL 070 équipée ou transformée pour fonctionner comme une découpeuse à disque. Cette machine ne figurait pas sur les photographies que nous avions vues avant de venir : nous ne savions même pas qu'elle nous attendait. En la découvrant, nous comprenons qu'il ne s'agit pas du tout de ce que nous avions imaginé. Devant nous se trouve une STIHL 070 découpée pour permettre d'observer son fonctionnement et ses différents organes internes : une pièce pédagogique destinée à la formation. Cette 070 inattendue devient immédiatement l'une des découvertes marquantes de la journée. Mais pendant qu'Emmanuel poursuit son exploration des machines, une autre forme de sauvetage commence de mon côté.
La journée continue
De la découverte à l’identification
Pendant qu'Emmanuel s'intéresse aux machines, je commence à regarder plus attentivement tout ce qui se trouve encore dans l'atelier. Après avoir appris qu'une partie de son contenu avait déjà été emmenée à la déchetterie, il devient difficile de passer devant certains objets sans imaginer qu'ils pourraient connaître le même sort. Je rassemble alors progressivement de la documentation, des PLV, quelques jouets et différents éléments qui me semblent intéressants à conserver. Parmi eux, je remarque un carton STIHL contenant encore, neuf dans son emballage d'origine, l'accessoire permettant d'équiper une 08 pour la découpe à disque. Je me souviens m'être dit qu'il serait vraiment dommage de laisser cela sur place. Le carton rejoint donc le petit tas que j'ai commencé à constituer. Une fois ma sélection terminée, je demande à M. Mercier combien il souhaite pour tout ce que j'ai rassemblé. Sa réponse restera l'un de mes souvenirs de cette journée : « Ah ça, comme c'est pour vous, 30 € me suffit. » Nous étions donc finalement venus pour un lot d'une vingtaine de tronçonneuses acheté 500 € par Emmanuel… et nous repartions avec un deuxième lot, le mien, pour 30 €. Chacun le sien ! La demi-heure initialement prévue était depuis longtemps dépassée. Entre les machines, les objets retrouvés, les discussions et la découverte de l'atelier, nous y passerons finalement plus de trois heures et demie. Nous quittons M. Mercier aux alentours de 13 h 30, avec le fourgon chargé et surtout la promesse de revenir prochainement chercher d'autres machines restées sur place.
Informations de terrain
Carnet de collecte
Le souvenir qui restera
Difficile de ne retenir qu'un seul moment de cette journée. Il y a bien sûr la surprise de la STIHL 070 pédagogique, totalement inattendue, mais aussi la découverte de cet atelier et tous ces objets que nous n'étions absolument pas venus chercher. Je garde surtout en mémoire cette rencontre avec M. Mercier et la façon dont une récupération prévue en trente minutes s'est transformée en plus de trois heures et demie de découvertes, de discussions et de trouvailles. Sans oublier nos deux lots : celui d'Emmanuel à 500 € et le mien à 30 €. Chacun était finalement reparti avec ses trésors !
Entrées dans la collection
Les machines sauvées ce jour-là
Certaines disposent déjà de leur fiche musée. Les autres seront documentées progressivement.




Ce que cette journée nous a appris
Avec le recul, cette journée résume assez bien ce qu'est devenu OLDCHAINSAW. Une collection ne se construit pas uniquement avec des machines. Les documents, les accessoires, les objets publicitaires, les outils et les souvenirs qui les accompagnent permettent eux aussi de comprendre et de transmettre leur histoire.
Ce 27 décembre 2019, nous n'avions pas encore conscience de tout ce que les objets récupérés dans l'atelier de M. Mercier pourraient raconter quelques années plus tard. Certains sont aujourd'hui devenus des témoins précieux d'un univers professionnel qui, sans cette rencontre, aurait en partie disparu.
Et cette première visite nous avait surtout fait comprendre une chose : l'histoire de cet atelier était loin d'être terminée pour nous.

Le souvenir
Nous étions venus chercher une vingtaine de tronçonneuses. Nous sommes repartis avec des machines, des documents, des objets, une histoire à préserver… et la promesse de revenir.
Chaque machine sauvée emporte avec elle un morceau de notre patrimoine.














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